Terre d’Histoire du Poitou n°6

14 novembre 2014

 

Les Bérenger père et fils, élus de Monts-sur-Guesnes

La première moitié du XIXe siècle a connu de multiples tourmentes politiques. Les conséquences sur le plan local n’ont évidemment pas manqué. À Monts-sur-Guesnes, une famille, les Bérenger, oubliée depuis, s’est retrouvée à plusieurs reprises sur les devants de la scène entre 1815 et 1852.

Le père, Jean Bérenger, est né en 1754 à Bernac-Debat (Hautes-Pyrénées). Il arrive à Paris en 1761. On retrouve sa trace pendant la Révolution. Une carte de sûreté lui est délivrée le 8 avril 1793. Elle porte le N°2812. Ces « cartes de sûreté », ancêtres des cartes d’identité, ont été mises en place sous la Terreur entre 1792 et 1795. Celle de Jean Bérenger nous apprend qu’il est instituteur et habite alors rue Neuve Saint-Gilles.
Sous l’Empire, il devient secrétaire d’Ambassade.

Une fois installé dans le tout nouveau département de la Vienne, créé en 1790, il épouse, en secondes noces, Amélie Catherine Pastureau, née à Dercé le 9 juillet 1777. Deux fils naissent :
– Jean-Henri-Ludovic, né à Monts-sur-Guesnes le 21 novembre 1811,
– Octave-Camille, né à Monts-sur-Guesnes le 11 février 1815.

Cette même année, en mai 1815, après le retour de Napoléon de l’Ile d’Elbe, Jean Bérenger, opposé à l’Ancien Régime, est nommé Maire de Monts-sur-Guesnes. Il succède à Balthazar Gravier, fils de l’ancien secrétaire du Roi Louis XVI, nommé deux ans plus tôt en 1813.BERANGER Jean_ Ecrit
Jusqu’en 1848, les Maires sont nommés par le pouvoir central. Tous les deux sont franc-maçons. Les 3 points de leur signature en témoignent.

Les évènements nationaux s’enchaînent très vite, avec leurs conséquences politiques :
– 18 juin 1815 : défaite de Waterloo
– 8 juillet 1815 : retour du Roi Louis XVIII
– 16 octobre 1815 : Exil de Napoléon pour Sainte-Hélène

Tout récemment, j’ai retrouvé un « sauve-conduit » (cf photo) signé de la main de Jean Bérenger, daté du 21 juin 1815. Un témoignage unique !

Le 9 février 1816, Balthazar Gravier écrit au Préfet de la Vienne pour dénoncer son successeur comme trop proche des idées de l’Ex-Empereur. Cette lettre se trouve aux Archives départementales de la Vienne (côte 2 M 18). Le lendemain, le 10 février 1816, Jean Bérenger est démis de ses fonctions. Jean Bérenger n’est resté Maire de Monts-sur-Guesnes que 9 mois. Isolé dans un contexte politique changeant, l’Etat Civil lui est soustrait. Il ne signe aucun acte durant cette courte période. Il décède quelques mois plus tard le 28 décembre 1816 à Monts-sur-Guesnes à l’âge de 62 ans.

Berenger Octave Camille_Archives nationales_1

Son fils aîné, Jean-Henri-Ludovic devient Maire en 1848 avec le retour de la République. Il le reste jusqu’en 1852, année du Coup d’État à l’origine du Second Empire. Célibataire, il décède peu temps après à Monts-sur-Guesnes le 13 mai 1855.

Le second fils, Octave-Camille (cf photo), avocat, célibataire également, s’illustre au cours de la même période de la IIe République. À 33 ans, il est élu Député à l’Assemblée Constituante en 1848, s’oppose au Gouvernement de Louis Napoléon Bonaparte et n’est pas réélu l’année suivante. En janvier 1876, il est candidat sans succès aux élections sénatoriales. Il décède à Monts-sur-Guesnes le 9 mars 1895 à l’âge de 80 ans.

Les deux frères sont enterrés dans l’ancien cimetière communal sur la gauche de l’allée centrale.

 

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