Terre d’Histoire du Poitou n°15

Jean Montault-Grillaud (1798-1857)

Jean Montault-Grillaud (1798-1857)

23 janvier 2015

 

Jean Montault-Grillaud (1798-1857), médecin à Monts-sur-Guesnes

Jean Montault-Grillaud est né à Bordeaux le 30 janvier 1798 (« 11 pluviose an 6 »), dans une famille aisée. Son père est banquier dans la capitale de l’Aquitaine.
En 1814, à l’âge de 16 ans, il commence son parcours en médecine à « l’école de médecine » de Poitiers dont il obtient le Premier prix de l’école en 1815 !
En 1818, il présente un mémoire sur les maladies urinaires pour lequel il obtient une mention honorable et est nommé, à 20 ans, « Premier chirurgien interne de l’Hôtel Dieu » de Poitiers. Étudiant brillant, il achève sa formation et est reçu le 16 novembre 1819 par « le jury médical » avec une « mention particulière ». En 1821, il obtient, une nouvelle fois, une « mention honorable » pour un mémoire sur les maux de gorge, puis le Prix du département de la Vienne en mai 1824 pour ses travaux sur la vaccine, une maladie infectieuse des bovidés et du cheval due à un virus, transmissible à l’homme, et encore fréquente au XIXème siècle.
C’est à cette époque qu’il s’installe à Monts-sur-Guesnes. Il a 26 ans et présente, en août 1824, un mémoire sur « la topographie médicale du canton de Monts-sur-Guesnes » pour lequel il obtient une autre « mention honorable ».
Monts-sur-Guesnes avait déjà, au siècle précédent, des professionnels de santé. Grâce à l’acte de baptême de Marguerite Turquois, le 19 octobre 1712, on apprend que son parrain est Joseph Roy « maître-chirurgien à Monts-sur-Guesnes ». On retrouve également la trace, à l’occasion de son mariage, le 23 juillet 1722, de René Roy « chirurgien » qui épouse, ce jour-là, la fille d’un « maître-apothicaire » de Saint-Jouin-de-Marne, près de Moncontour.

Jean-Pierre Gravier (1737-1794)

Jean-Pierre Gravier (1737-1794)

Le 28 mai 1827, Jean Montault-Grillaud épouse, à Monts-sur-Guesnes, Marie-Thérèse Melvina Gravier. Elle a 23 ans. C’est la fille de Balthazar-Jacques Gravier et de Louise-Adélaïde Bernier. Par ce mariage, il rentre dans la famille la plus puissante du pays montois au XIXème siècle, les Bernier-Gravier. À l’origine, on trouve Jean-Pierre Gravier, né en 1737, propriétaire du château de Monts-sur-Guesnes avant la Révolution et ancien secrétaire du Roi Louis XVI, ce qui lui vaut d’être guillotiné en mai 1794. Il est le père de Balthazar-Jacques (1780-1860). Ce dernier, franc-maçon, est, un temps, Maire de Monts-sur-Guesnes entre 1813 et 1815, puis Juge de Paix du canton. Son prédécesseur à la mairie est Jean-Baptiste Bernier (1741-1813), Maire de 1796 jusqu’à sa mort.
C’est un double mariage, en 1801 et en 1837, qui lie les deux familles. Le premier, dés 1801, entre Balthazar-Jacques Gravier, fils de Jean-Pierre, et Louise-Adélaïde Bernier (1782-1864), fille de Jean-Baptiste Bernier, le Maire de 1796 à 1813. Le second, entre Appoline Bernier (1813-1893), l’une des petites-filles de ce dernier, avec Pierre-Achille Gravier (1809-1897), fils cadet de Balthazar-Jacques Gravier et, par conséquent, frère de Marie-Thérèse Malvina !

Marie-Thérèse Malvina Gravier

Marie-Thérèse Malvina Gravier

Le 13 novembre 1828, dix-mois après leur mariage, le nouveau couple devient parents d’une fille, Marie-Zénaïde Elisabeth Montault-Grillaud (1828-1887) qui épousera en 1851 Clément Guiet, notaire, futur Maire de Monts-sur-Guesnes entre 1871 et 1880, année de son décès.
Tous trouveront leur dernière demeure au cimetière privé de Saint-Vincent où reposent uniquement 40 membres des Bernier-Gravier qui ont traversé le XIXème siècle.

En entrant dans la famille Bernier-Gravier, Jean Montault-Grillaud devient un édile local. Le 5 novembre 1827, il est nommé Conseiller Municipal, puis, le 22 septembre 1830, Adjoint au Maire. Jusqu’en 1848, les conseillers municipaux sont nommés par le pouvoir central. Entre temps, il rédige, en 1828, un nouveau mémoire sur la fracture de la jambe et obtient une 4ème « mention honorable ». Il devient membre de « l’Académie de l’Industrie » le 8 octobre 1832. En 1835, il obtient la Médaille d’Or du département de la Vienne.
Au recensement de 1836, la profession qu’il indique est « chirurgien ». Il a 38 ans.

Sépulture de Jean Montault-Grillaud au cimetière de Saint Vincent

Sépulture de Jean Montault-Grillaud au cimetière de Saint Vincent

Jean Montault-Grillaud décède à Monts-sur-Guesnes le 20 novembre 1857 à deux mois de ses 60 ans après

un parcours professionnel exceptionnel. Cette année-là, huit mois avant sa mort, un petit-fils naît le 16 mars 1857: Eugène-Adolphe Guiet, il sera médecin comme son grand-père et exercera à Monts-sur-Guesnes dans la maison familiale, au bout de l’allée de Bourgville, jusqu’à son décès en 1901.
Nous en parlerons…

Jean Montault-Grillaud_signatures

Signatures figurant sur l’acte de mariage de Jean Montault-Grillaud et Marie-Thérèse Gravier. Parmi elles, celle de Jean Montault-Grillaud (en haut à gauche) et celle de 2 futurs Conseillers Généraux : Pierre-Joseph Milori (1774-1858), Député, Conseiller Général de 1833 à 1852 et Edouard Lesage (1804-1869), gendre de Jean-Pierre Gravier, futur Maire de Monts-sur-Guesnes pendant 16 ans, élu au Conseil Général de 1852 à 1861. On trouve également celle de Blanche de Saint-Laon (1800-1878), née Diotte de La Valette, petite-fille de Jean-Pierre Gravier. Sa fille épousera, en 1851, Louis-Paul d’Espinay (1829-1887), un autre descendant de Jean-Pierre Gravier, Conseiller Général du canton de Monts-sur-Guesnes de 1877 à 1883.
En bas, à droite, celle du Maire de l’époque, François-Pierre-Joseph Archambault (1802-1887).

 

 

 

 

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