Terre d’Histoire du Poitou n°12 : Léopold-Jacques Chaussat

2 janvier 2015

 

Léopold-Jacques Chaussat par Emile Rat, célèbre photographe à Poitiers dans les années 1900.

Léopold-Jacques Chaussat par Emile Rat, célèbre photographe à Poitiers dans les années 1900.

Léopold-Jacques Chaussat, pharmacien à Monts-sur-Guesnes de 1925 à 1927, ou l’histoire d’un arrangement entre amis…

Au milieu des années 1920, une figure de la pharmacie s’installe à Monts-sur-Guesnes. Il s’agit de Léopold-Jacques Chaussat, né en Charentes, à Mareuil-Rouillac le 10 juin 1858.

Il est élève à l’école supérieure de pharmacie de Paris de 1881 à 1883 et est reçu pharmacien à Nantes en 1884. Après deux années d’exercice prés d’Angoulême, il est diplômé, une seconde fois, à Poitiers le 10 novembre 1886. Il a alors 28 ans et s’installe près de Notre-Dame où il tient la « pharmacie Normale » pendant 36 ans jusqu’en 1922.

Au cours de ces années, il est, entre autre, trésorier du syndicat des pharmaciens de la Vienne et trésorier-archiviste de la société des sciences médicales de Poitiers.
C’est une figure de Poitiers et une référence dans la profession. Il fait partie des « personnalités » citées dans le « Dictionnaire Biographique et album de la Vienne » de 1907.

Trois ans après avoir cessé son activité à Poitiers, Léopold-Jacques Chaussat achète, le 11 octobre 1925, la pharmacie de Monts-sur-Guesnes. Il a alors 67 ans. Il vient de participer à une vente aux enchères dans l’étude locale de Maître Orillard-Tranchant suite à la liquidation judiciaire de l’officine prononcée le 24 octobre 1924 par le tribunal civil de Loudun. Sans doute une première !

Léopold-Jacques Chaussat devant la pharmacie "Normale" de Poitiers

Léopold-Jacques Chaussat devant la pharmacie « Normale » de Poitiers

La mise à prix du fonds de commerce est fixée à 10.000 francs. À deux reprises, aucune enchère n’est portée « pendant la durée de trois feux allumés ». La mise à prix est alors ramenée à 5.000 francs et la vente est prononcée par le notaire au profit de Léopold-Jacques Chaussat.

En fait, il s’agit d’un arrangement, Le pharmacien dans les murs s’appelle Henri Renan, né à Paris le 24 janvier 1876 et neveu du célèbre écrivain Ernest Renan, membre de l’Académie Française.

Henri Renan doit faire face à son divorce depuis sa liaison avec une femme plus jeune, Germaine Roussanges. Cela a d’ailleurs auparavant contraint le couple à fuir Paris. Il s’installe à Monts-sur-Guesnes où Henri rachète la pharmacie de René Arambourou le 15 juin 1922. Il a alors 46 ans ans et Germaine, 26 ans.

Henri Renan (1876-1952)

Henri Renan (1876-1952)

Pour se soustraire aux exigences de son épouse légitime, Louise Cavet, Henri Renan place son officine en faillite. La pharmacie est donc vendue aux enchères, achetée par Léopold-Jacques Chaussat qui la revend le 11 juin 1927 à… Henri Renan !
Le tour de passe-passe est joué. Les deux hommes se connaissent bien et ont en commun d’être franc-maçons et anti-cléricaux notoires.
Durant ces 20 mois, d’octobre 1925 à juin 1927, c’est bien Henri Renan qui tient l’officine de Monts-sur-Guesnes, et non Léopold-Jacques Chaussat, comme le montre la lecture des ordonnanciers écrits de la main d’Henri.

Germaine Roussanges (1896-1960)

Germaine Roussanges (1896-1960)

Le divorce d’Henri Renan est prononcé le 19 février 1929. Cinq mois plus tard, il épouse enfin Germaine qui lui a déjà donné quatre enfants, tous nés à Monts-sur-Guesnes : Henry en 1923, Aline en 1924, Michel en 1925 et Marcelin en 1927. Une cinquième, Fanny, est née en 1936 à Châteauroux où Henri Renan rachète, en 1935, la « pharmacie des marins ».
Henri Renan est décédé à Paris le 8 février 1952 à l’âge de 76 ans et Germaine en avril 1960. Ces dernières années, elle tient une librairie rue de Charonne.

Merci à Gisèle Renan, épouse de Marcelin Renan, de m’avoir ouvert les archives familiales.

 

 

Lettre d’informations / Newsletter
Réseaux

Retrouvez Bruno BELIN sur les réseaux sociaux :

Facebook   Twitter   Instragram  

Chaîne vidéo

Chaîne vidéo Youtube

Info…
info
Téléchargements

Journal cantonal 2018

 

@brunobelin