Terre d’Histoire du Poitou n°34 : Le Docteur Edmond BONNAUD (1920-2010)

Vendredi 7 août

Terre d’Histoire du Poitou n°34

Le Docteur Edmond BONNAUD (1920-2010)

Edmond Bonnaud (1)Le nom donné à la maison de santé de Monts-sur-Guesnes est celui d’un médecin qui a indiscutablement marqué notre canton dès l’après-guerre et jusqu’aux années 1980.
Originaire de la Haute-Vienne où il est né le 16 novembre 1920 à La Jonchère, à 30 km au Nord-Est de Limoges, où ses parents sont instituteurs avant de travailler dans l’industrie de la fabrication de la porcelaine.
Six enfants dans cette famille dont deux font des études de médecine. Gilbert, le frère ainé d’Edmond, sera notamment médecin à la Présidence de la République de Vincent Auriol à Valéry Giscard d’Estaing.
Le parcours de l’étudiant Edmond Bonnaud commence à Limoges. Il doit ensuite se déplacer en raison de la Seconde Guerre mondiale à Poitiers, puis Tours et Paris. Il termine ses études en 1945 avec… La Croix de Guerre ! Et une citation signée par Koënig le 11 septembre 1945 :
« A accompli plusieurs missions qui lui avaient été confiées avec un zèle, un dévouement et un courage dignes d’éloges. Résistant de longue date, après avoir collaboré à des transports d’armes périlleux, a servi d’agent de liaison sur le plateau d’Hauteville en mars 44. A enfin participé à la liaison avec la division Leclerc le 19 août 1944 ».
Personne n’en saura rien jusqu’en 2009.

Edmond Bonnaud (2)Au cours de son périple avec l’Armée Leclerc qu’il suit jusqu’à Strasbourg, il est blessé à la jambe et hospitalisé un mois, ce qui l’oblige à regagner plus tôt Poitiers à l’automne 1945. Quelques mois plus tard, Edmond Bonnaud s’installe à Monts-sur-Guesnes le 28 janvier 1946. Il a 25 ans. Il arrive en moto puis récupère une voiture à pétrole bricolée par son beau-père avant de s’acheter, en 1950, une Juva 4.
Pourquoi Monts-sur-Guesnes ? Il fait connaissance en 1944 de l’un des deux médecins de la commune, le Docteur Louis Tholose, qui souhaite revenir sur Poitiers où peu de logements sont disponibles à la suite de plusieurs bombardements. Les deux hommes vont alors échanger le logement de l’un contre la patientèle de l’autre.
Le Docteur Bonnaud s’installe, dans un premier temps, 14 rue Porte Pelletier dans la maison où exerçait déjà, de 1841 à 1890, le Docteur Philibert Couillaud-Maisonneuve puis, de 1934 à 1946, le Docteur Tholose.

Père de deux garçons, il fait construire, en 1950, une maison au 18 rue Porte Pelletier au-dessus d’un premier cabinet médical moderne équipé d’un appareil à radiographie, sa passion professionnelle. En 1980, un second cabinet, plus grand, indépendant de son logement est construit, par Gérard Hérault d’Aulnay, 8 allée des quatre tilleuls alors que le Docteur Bonnaud est associé avec le Docteur Jean-Pierre Dousset depuis 1961.

Le Docteur Bonnaud s’installe l’année de la sortie de la pénicilline qu’il prescrit pour la première fois à l’été 1947. Une révolution qui sauve bien des vies !
C’est également le médecin aux plus de 1800 accouchements entre 1946 et 1968, tous notés sur un petit carnet rouge. Jusqu’à trois par jour. 144 accouchements pour la seule année 1951 ! Le Docteur Bonnaud est passé maître dans l’art de donner la vie. Son secret réside peut-être dans sa maîtrise de l’anesthésie « à la reine » grâce à l’Ercylène.

La page noire de sa vie s’écrit en 1969, année du décès de son épouse Paulette, partie le jour de Noël, à 48 ans, d’un cancer du sein.

Edmond Bonnaud (3)Edmond Bonnaud arrête la médecine et quitte Monts-sur-Guesnes en 1982. Il a 62 ans. Il se retire à Cannes. Il revient à Monts-sur-Guesnes un dimanche de septembre 2009 au cours duquel il peut constater combien ceux qu’il a soignés l’ont gardé en mémoire.
Il décède à l’âge de 90 ans et est enterré dans la Vienne, à Salles-en-Toulon près de Chauvigny.
Sa devise était « labor improbus omnia vincit ». Le travail acharné vient à bout de tout.

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